Coup de projecteur sur l’Algérie

Posté par patricksota le 4 juin 2026

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Source photo : Africa Foot 

Les Fennecs d’Algérie 

Hollande vs Algérie : 0-1

De Kuip, forteresse enchaînée par un éclair maghrébin

Sous la voûte de suie du Stadion Feijenoord, baptisé De Kuip — la Cuve — Rotterdam a vu son gazon sacré ployer sous un coup de foudre tardif. Pays-Bas 0 – Algérie 1.

 

Rencontre amicale, oui.
Mais qu’est-ce qu’une « amicale » quand le cuir devient serment et que chaque duel réveille l’odeur de la poudre ?
Un mot doux pour l’affiche. Un mensonge poli pour les archives.
Sur la pelouse, pas d’amis. Seulement des gladiateurs qui testent le tranchant de leur foi avant l’arène des mondes.
Amicale sur le papier. Infernale dans les chairs.

Dans les veines des Fennecs coulait déjà l’adrénaline des mondiaux. Chaque passe, chaque souffle, chaque regard : une répétition générale pour l’immortalité.

Le duel des chiffres, implacable
Tirs : 14 contre 8
Tirs cadrés : 5 contre 4
Possession : 54% contre 46%
Fautes : 11 contre 9
Cartons jaunes : 0 contre 0
Cartons rouges : 0 contre 0
Hors-jeu : 3 contre 2
Corners : 6 contre 3

L’Oranje a tenu le ballon comme un roi tient son sceptre. Mais la couronne n’a pas suffi. Les chiffres glorifient l’orgueil batave. Le destin, lui, a choisi le désert.

 

L’instant qui fige Rotterdam
À la 86e minute, quand le ciel batave croyait tenir le nul, Anis Hadj Moussa a dégainé. Surgissant de l’ombre comme un djinn échappé de sa lampe. Une feinte. Une respiration. Une déflagration. Le cuir a fendu la nuit, giflé le filet, et crucifié 50 000 âmes.

Le stade s’est tu. L’Algérie a exulté. Un but de voleur de rêves, arraché aux entrailles du temps additionnel. Rotterdam a compris : ici, même les forteresses saignent.

 

Le Burundi, témoin et apprenti
Les yeux du Burundi ne lâchent rien. Les Hirondelles partagent le groupe des éliminatoires CAN 2027 avec les Fennecs. Et voilà qu’elles assistent, impuissantes et fascinées, au sacre des Algériens jusque dans l’antre hollandaise. Sur ses terres. Silvouplait ! Sur le trône même de ses ancêtres.

C’est une leçon écrite au fer rouge : aucun géant n’est invincible quand la foi devient lame.

Le Burundi doit-il perdre le Nord ? Non. Il doit aiguiser ses serres, tremper son acier.
La mission s’annonce titanesque. Ardue. Héracléenne. Une ascension où chaque mètre gagné se paie en sueur et en prières.

Sur papier, les Hirondelles défieront un colosse bardé d’étoiles et de certitudes. Un mur de granit qui parle cinq langues et boit la pression comme du lait.
Sur gazon, il faudra fendre les pronostics. Les ouvrir en deux comme une armure trop sûre d’elle. Inventer l’impossible. Graver son nom dans le marbre du football africain à coups de crampons et de courage.

Mourir sur le terrain ? Oui. Mais mourir debout, les yeux dans ceux du géant. Et renaître, au coup de sifflet final, dans la légende.

Car les Hirondelles ont voix au chapitre dans le gotha. Il ne leur reste qu’à la faire entendre.

 

Patrick Sota

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