Des souvenirs anecdotiques

Posté par patricksota le 12 août 2019

Double confrontation en Coupe d’Afrique des Clubs Champions entre Vital’O du Burundi et Gor Mahia du Kenya. Année 1983 de glorieuse mémoire. La santé de nos clubs, respectivement Vital’O FC et Inter FC, n’était pas égrotante. Et notre football via ces deux clubs (essentiellement) n’était pas valétudinaire.

Aller à Bujumbura. Retour à Nairobi

 

 Des souvenirs anecdotiques

 

C’est un match historique de l’an 1983 au Burundi. Je suis témoin oculaire. À l’aller à domicile, Vital’O perd par 1-2. Gor Mahia, au coup de sifflet final, jubile, festoie, lance des propos frisant le triomphalisme précoce pour la qualification en 16ème de finale.

Mais, pour la petite histoire, côté Vital’O, il y avait eu au cours de ce match deux absences remarquables à savoir le buteur insatiable Malick Jabir et l’élégant milieu offensif Shundu. Où étaient-ils ?

Ils avaient fait une fugue vers le Rwanda sous les convoitises alléchantes de Mukura  Victor Sport. Escapade regrettable faite en toute illégalité puisqu’aucun accord n’avait été arrêté entre les deux clubs ! Tout n’était que micmac !

À l’époque, la passion du football était incommensurable. Le sens de la victoire aussi. Des patriotes hors du commun agissant sous la férule de l’honneur et l’altruisme ont dit niet à ce hold up rwandais. Opération commando : voyager durant la nuit jusqu’au Rwanda et revenir dans la même nuit en récupérant les deux pièces maîtresses susmentionnées. Deux garçons incontournables pour le match retour à savoir Malick et Shundu. Aussitôt dit, aussitôt fait. Départ nocturne pour le Rwanda. Coup de maître : les deux joueurs volés par Mukura sont vite détectés. Vite approchés. Et vite amadoués pour regagner leur club de toujours à savoir l’inégalable Vital’O. Retour à Bujumbura très tard la nuit.

Le lendemain, j’apprenais la nouvelle qui circulait à la vitesse V. La très bonne nouvelle pour être plus précis. Je me suis rendu à l’entraînement des mauves et blancs pour m’enquérir de la situation. Arrivé sur les lieux, à peine entré dans le stade, je vois Malick marquer un but sur un coup-franc plein de magnificence. Quel coup de patte mes chers amis. Lomami André, goal keeper remarquable, n’a vu que du feu. Le mur formé pour détourner la balle est resté perplexe et éberlué. Le but a été salué par la foule nombreuse présente à l’entraînement. Tonnerre d’applaudissements frénétiques. Ça présageait un bon match retour pour prendre à contre-pied les propos vaniteux des kenyans au match aller. Ils nous avaient promis un châtiment de 5-0 à Nairobi.

En route pour le match retour. Direction : Nairobi. Vital’O au complet a littéralement dominé Gor Mahia. Toutes les phases du jeu sont dominées par les mauves et blancs. Tous les compartiments du terrain sont occupés et maîtrisés par Vital’O. Domination territoriale et concrétisée par une large victoire de 0-3 pour mon équipe de cœur. Vital’O resplendissant de beauté par un jeu superbe a impressionné plus d’un. Écarquillez bien les yeux : 0-3 pour Vital’O. Il n’y a pas d’erreur ! Doublet de l’ailier droit Hussein aux courses inarrêtables. Et but de Malick Jabir sur corner rentrant. Personne n’a touché le ballon. Et cette dernière d’une trajectoire curviligne a pris le chemin des filets.

Je ne vois plus des buts comme ça. Même en Europe. Si vous rencontrez Malick, saluez le avec beaucoup de respect et de courtoisie. Bienséance oblige. C’était un très grand joueur avec un sens du but plutôt rare de nos jours. Spécialiste des balles arrêtées. Corners et coups francs majestueux. Magistraux.

Fin du match par cette victoire éclatante de Vital’O au Kenya : 0-3. Les supporters de Gor Mahia se souviennent toujours de ce match. Du moins ceux d’un certain âge comme votre humble serviteur. Les propos tenus lors de la manche aller se sont retournés contre eux. En somme, nous leur avons rendu la monnaie de leur pièce. Ils ont regagné leurs domiciles bouches bées !

Je fais partie d’une génération qui a pleins de souvenirs anecdotiques. Le football me hante depuis l’âge de 9 ans ! J’ai gardé beaucoup d’histoires dans ma tête. Mais, l’âge venant, certaines s’en vont. Ou s’effondrent comme un château de cartes. Du reste, la mémoire est une faculté qui oublie. Règle de la nature. Je ne saurais déroger à elle. Demandez à tous les barundi de soutenir indéfectiblement Aigle Noir. Pour rééditer l’expérience de Vital’O. Afin que les couleurs du Burundi soient honorablement défendues.

 

Patrick Sota

 

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