• Accueil
  • > Non classé
  • > L’international burundais Tambwe Amissi répond à nos questions

L’international burundais Tambwe Amissi répond à nos questions

Posté par patricksota le 9 mai 2014

 

Interview avec l’international burundais Tambwe Amissi 

 

 tambwe amissi

 Tambwe Amissi sous les couleurs de Simba Sport Club de Tanzanie

Source de la photo : www.afrifame.bi

 

« Si les dirigeants burundais investissaient autant que les tanzaniens dans le football, nous irions à la CAN et ferions une excellente prestation »

 

 

En Tanzanie, l’international burundais Tambwe Amissi s’est juché sur le perchoir le plus élevé dans le classement des buteurs de la Ligue A, 2013-2014. La presse tanzanienne ne tarit pas d’éloges à son égard.

Notre hôte nous parle de ses conditions de vie. Et ne cache pas le fait qu’il se soit frayé une place au soleil.

Tambwe demande que les Hirondelles du Burundi bénéficient d’une assistance plus soutenue. Condition sine qua non à la réussite de son pays sur la scène footballistique internationale.

 

 

1) Tambwe Amissi, vous avez été meilleur buteur de la Ligue A tanzanienne, 2013-2014. Combien de buts avez-vous inscrit ?

J’ai inscrit 19 buts en 26 matchs sur les 41 buts marqués par Simba Sport Club qui a fini sa course en 4ème position. Notez qu’il y avait 14 équipes en lice pour la saison 2013-2014

 

2) Allez-vous continuer à servir Simba Sport Club de Tanzanie ?

Oui, sauf changement de dernière minute.

 

3) Beaucoup disent que vous pourriez jeter votre dévolu sur Azzam United la saison prochaine, est-ce vrai ?

Des sollicitations venant d’Azzam United ne manquent pas. Mais rien de concret n’a été convenu entre Azzam et moi-même. Si réellement Azzam me veut, cette équipe doit discuter avec les dirigeants de Simba Sport Club. Le contrat que j’ai signé avec Simba n’a pas encore expiré.

 

4) Tambwe, parlez-nous des conditions de vie d’un footballeur prestant en Tanzanie. Faites une comparaison avec les conditions de vie d’un footballeur évoluant au Burundi.

Franchement, un footballeur évoluant en Tanzanie mène un bon train de vie.

Tout est mis à sa disposition pour qu’il fasse une bonne prestation : salaire intéressant, logement décent, voiture pour les déplacements. Tout ça n’existe pas au Burundi. Sachez qu’un joueur ayant presté en Tanzanie aurait du mal à revenir au Burundi, sauf cas de force majeure. Demandez à mes compatriotes jouant en Tanzanie, ils vous diront la même chose. Là-bas, on est bien à tout point de vue. Tant que la situation ne changera pas au Burundi, nous verrons nos joueurs affluer vers l’extérieur. Soit en Europe, soit en Tanzanie. Et au Rwanda dans une moindre mesure.

 

5) Quel est le montant de votre salaire ?

(Rire prolongé). Je ne suis pas le genre à dévoiler mon salaire. Connaissez-vous un burundais qui dévoile son salaire ? Aucun. Il me semble que c’est une habitude propre à notre culture. Chez nous, la discrétion est de rigueur. Mais sachez que le salaire que je perçois répond amplement à mes besoins financiers.

 

6) Le staff technique des Hirondelles du Burundi vous a convoqué pour le 2ème tour éliminatoire de la CAN 2015. Le public burundais attend beaucoup de vous. Allez-vous répondre positivement à ses attentes ?

Ecoutez, je n’aime pas verser dans le triomphalisme précoce. Les éliminatoires sont des compétitions rudes. Qui demandent une très bonne préparation. Les préparatifs à la hâte ou à la va-vite débouchent sur des fiascos. Voilà où réside le mal du football burundais. Mais, je dois avouer que des changements notables s’observent maintenant avec la nouvelle équipe dirigeante de la FFB. Une prise de conscience est là. Et les résultats sont palpables. Me concernant, je ferai tout pour ne pas décevoir ceux qui attendent beaucoup de moi. Dieu bénissant mes efforts, j’espère que ça ira bien.

 

7) En amical, le Burundi a battu la Tanzanie chez elle par 3-0. Serions-nous enclins à dire que le niveau du championnat burundais est supérieur à celui de la Tanzanie ?

Non ! La preuve : sur les 3 buts marqués, 2 ont été inscrits par des joueurs évoluant en Tanzanie : Didier Kavumbagu et Tambwe Amissi. (Rire). Ecoutez, les burundais ont un talent inné. Chez nous, les écoles de football naissent dans la rue. En Tanzanie, les talents ne sont pas légion. D’ailleurs, les moyens investis dans le football sont inversement proportionnels aux résultats obtenus. Croyez-moi, si les dirigeants burundais investissaient autant que les tanzaniens dans le football, nous irions à la CAN et ferions une excellente prestation. Le Burundi deviendrait la grande révélation de la compétition la plus prestigieuse du continent.

 

8) Lors du match amical international tenu à Bujumbura entre le Burundi et le Rwanda le 05/03/2015 (Date FIFA), Tambwe Amissi n’a pas été étincelant. Pourquoi ?

Ecoutez, on ne juge pas un joueur sur un match. C’est injuste et subjectif. J’ai débarqué à Bujumbura la veille du match. Durant le match, le collectif des burundais présentait beaucoup de failles. Faute d’une préparation faite à la dernière minute. Quand Saido Ntibazonkiza (meneur de notre équipe) est sorti suite à un coup reçu en plein visage, on m’a mis à l’aile droite. Alors que mon poste de prédilection est la pointe de l’attaque. Je n’ai pas pu développer mon jeu habituel. Du reste, au football, on peut passer à côté d’un match. Cela arrive à tous les footballeurs y compris les stars les plus renommées. Ce n’est pas Tambwe Amissi qui fait exception.

 

9) Que demandez-vous au public sportif burundais lors des éliminatoires de la CAN 2015 ?

De grâce, il faut que les burundais changent d’attitude au stade. On a l’impression qu’ils sont à la messe. Encore qu’à la messe, les gens vibrent et dansent lors des chants. Nous avons un public apathique. Qui ne s’enflamme que lorsque les Hirondelles marquent un but. Et puis après, plus rien ! La sieste reprend de plus belle.

J’ai vu comment les rwandais et les tanzaniens portent leurs équipes, c’est un spectacle plein de magnificence. Des publics chauds bouillants et infatigables qui soutiennent leurs équipes du début à la fin. C’est beau à voir. Sincèrement, les burundais devraient suivre ce bel exemple. Mais, voyez-vous, le comportement de notre public est probablement lié à notre culture qui est décente et discrète. Ce sont des qualités indéniables sur le plan humain. Mais pas au stade Silvouplaît ! Je demanderais aux médias de mener à outrance des campagnes de sensibilisation pour amener le public sportif burundais à soutenir ses équipes comme ça se fait ailleurs. Chanter et crier à gorges déployées tout le long des matchs. Je suis sûr que cela aurait un impact positif sur les résultats de nos formations.

 

 

Propos recueillis par Patrick Sota

 

Laisser un commentaire

 

unsspforest |
roussinette |
L'EPS AU COLLEGE JEAN ... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | ASUC Migennes Handball
| sanarycyclosports
| JUDO-AMIKUZE.FR , le blog