Contribution d’un confrère journaliste sportif

Posté par patricksota le 29 mars 2012

 

Chronique : Le football burundais, il n’y a pas de combat à négliger.

 Par Parfait Nzeyimana

Journaliste sportif à la Radio-Culture

 

Athletico vient de se faire éliminer après un match aller catastrophique. Bien qu’ayant essayé de se racheter au match retour, il n’a pas pu remonter totalement le score malgré une bataille impressionnante que les poulains de Cédric Kaze ont livrée à Vita Club de la RDC. Quel match !

Après un début réussi dans la coupe de la CAF, LLB vient de faire un match nul (1-1) contre Enppi à domicile et devant donc ses spectateurs. Cela laisse présager un match retour difficile à négocier. On le sent dans le jeu que LLB pratique, il a la volonté de mettre fin à ce mauvais sort qui fait qu’aucun club Burundais ne franchit le tour préliminaire des compétitions africaines. Même si on sait que dans un match de foot, rien n’est encore joué avant le coup de sifflet final, l’Enppi n’entend pas se laisser ravir facilement la victoire au match retour. Il attendra les jeunes Burundais avec la ferme intention de remporter la victoire surtout qu’il jouera devant ses supporteurs. Autant vous dire tout de suite, les deux équipes ne se feront pas de cadeau.

La nation toute entière croise les bras et attend. Que le meilleur ne perde pas! Je le dis ainsi parce qu’on l’a souvent dit, nos équipes jouent bien mais le problème est qu’elles ne gagnent pas des matchs, l’exemple récent est Athletico qui vient de se casser les dents malgré un match retour époustouflant.

Pourquoi nos équipes ne gagnent ils  pas alors qu’elles ne sont pas si mauvais que ça ? On ne va pas perdre du temps à inventer l’eau. Elles ne parviennent à avoir de résultats, leur jeu manque encore de maturité et de réalisme. Cela est d’autant plus compréhensible quand on sait que tout jeune qui fait des progrès au plan local rêve de quitter notre championnat est se rendre ailleurs, la préférence étant l’Europe. Mais même le Rwanda voisin, c’est mieux qu’ici.

Les entraineurs locaux préparent des joueurs qui iront jouer dans d’autres championnats. Ce qui veut dire que les talents, on en a en suffisance, mais il manque un environnement sportif encourageant qui permettrait leur éclosion et leur épanouissement. Des talents qui ne s’épanouissent pas s’émoussent et finissent par s’éteindre à petit feu. C’est comme ça que des jeunes bourrés de talents sombrent dans l’alcool et la drogue.

Un footballeur affamé n’en est pas un.

 Il faut créer un minimum de conditions matérielles pour retenir nos jeunes.  Jean Sindayigaya, un écrivain burundais que je respecte beaucoup, dit qu’un homme hanté par le besoin matériel est incapable de réfléchir, même son amitié ne peut demeurer sincère. On ne peut pas aller loin avec la seule volonté. A un certain moment on baisse les bras et on tombe dans le pessimisme. C’est ce qui est entrain d’arriver aux amateurs du ballon rond. Celui qui n’est pas convaincu n’a qu’à demander l’avancement des préparations pour le match retour Intamba-Warriors, il tombera à coup sûr dans le pessimisme et la mélancolie. Des joueurs  professionnels qui ont laissé tomber l’équipe nationale aux propos tranchants et directs  d’Amrouche, on tombe vite dans la dépression nerveuse. Si on y ajoute les polémiques des dirigeants du foot, on perd tout espoir de voir la renaissance de notre football dans un prochain avenir si rien ne change.

Actuellement, beaucoup de joueurs burundais ont préféré aller jouer au Rwanda voisin et ils sont très appréciés là bas.Pourtant le championnat rwandais n’est pas le paradis sur terre ! Seulement, là de l’autre côté de la frontière, il ya un mot, loin d’être magique, qui a tout son sens : l’organisation ! Ce n’est pas sorcier ce qu’on fait là, il suffit d’y penser. Je ne suis pas entrain de verser dans la polémique sur qui est mauvais et qui est bon. Mais une chose est sûr, aussi longtemps qu’on ne voudra pas rompre avec les habitudes du passé, le foot burundais n’avancera pas d’un iota. Quand il ya la fumée, le bon acte à poser n’est pas d’essayer de couvrir la fumée. Celui qui le fait se fatigue pour rien. S’il s’obstine à poser le même geste alors qu’on lui répète  que ça ne sert à rien, il s’énerve et vexer ceux qui le conseillent de changer de tactique. Et pourtant pour résoudre ce faux énigme, il suffit déverser un peu d’eau sur la braise et le tour est joué. Ce n’est pas sorcier. Si on se trompe de gourde et qu’on verse de l’huile sur la braise, non seulement on aura de la fumée mais aussi on aura du feu. A ce stade des gens sensés pensent directement à changer le pompier-pyromane. Cela est valable en cas de problème.

Des milliers et des milliers de nos compatriotes désespèrent chaque fois qu’une de nos équipes vacille et finit par tomber. Ils se demandent quoi faire. Ils ne sont armés que de leur amour pour le foot. Que peuvent-ils faire d’autre ? On prie pour que LLB, notre représentant en coupe de la CAF puisse nous redonner de l’espoir et de la fierté d’être Burundais. Mais il devra puiser dans ses dernières ressources pour contourner le piège Enppi. Comme un seul homme, les Burundais tiennent leur souffle.

Quant à notre équipe nationale, le fleuron de la nation, elle livrera un match contre les warriors de Zimbabwe dans quelques mois. Les choses qui se disent  actuellement poussent tout burundais à s’interroger sur la maturité professionnelle des gens qui sont en charge du football. Un entraineur qui jette l’éponge, partout ça se fait et il n’ya rien d’anormale. Mais le tollé que peut susciter ce départ, voilà qui est anormale. Aller jusqu’à invectiver celui qui ne pense pas comme vous, excusez moi mais ça relève de l’immaturité intellectuelle. Le sorcier Amrouche s’en va et c’est la panique générale.

Il faut cesser de jouer la politique de l’autruche. Même avec Amourche, on ne pourra jamais aller loin sans préparation sérieuse. On ne peut pas toujours préparer une équipe une semaine avant le grand match et espérer faire des miracles grâce à un sorcier blanc, qui qu’il soit. Les résultats du foot se cueillent  avec un travail conséquent.

En revanche, les bases pour construire un foot sérieux sont là. On a déjà des pépinières qui peuvent alimenter la machine de foot pas. Mais encore, des infrastructures sportives sont entrain d’être construites bien que ça ne soit pas dans des endroits les mieux indiqués. Bien plus, on a des autorités qui aiment le sport et qui le pratiquent. Des efforts sont faits de part et d’autre pour essayer de relever le niveau de foot local, malheureusement, les fruits de ces efforts ne sont pas au rendez vous. Peut être qu’il est temps de s’arrêter et de se demander ce qui clocher chez nous. On aime jeter un coup d’œil au Rwanda pour se repérer (ce qui n’est pas mauvais, mais dans le temps c’était l’inverse). Et bien au Rwanda, s’il n’ya pas de résultats, les responsables en tirent les conséquences et démissionnent ou sont tout simplement remerciés. Le grand Séla Tete, caoch de l’équipe nationale, est parti. Le président de la FERWAFA a démissionné à cause des résultats décevant de l’équipe rwandaise. La culture de résultats n’est pas seulement pour les équipes nationales.

Peut être est-il temps de penser aux fondations du foot burundais. Je vous l’assure, quand on a un malade, on lui donne un médicament. Si le médicament ne marche pas, on le change. Si ça ne marche toujours pas. On arrête tout et on remet le prescripteur en question. Si l’ensemble des prescripteurs ne parvient plus à soigner les malades, c’est tout le système de santé qui doit être remis en question.  Dans le foot, ça doit être la même chose. Si vous en doutez, souvenez-vous ce qui est arrivé à l’équipe de France après la débâcle d’Afrique du Sud. Ils ont remis tout en question et ont restructuré toute l’équipe nationale. Plus encore, même le Président de la FFF a dû passer à la trappe. Maintenant, l’équipe se porte bien.

A bon entendeur salut !

 

 

 

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