Dieudonné Ngowembona me répond

Posté par patricksota le 26 janvier 2011

 

Interview avec Monsieur Dieudonné Ngowembona, Président d’Inter Star

 

Dieudonné Ngowembona

 

 

« La santé footballistique d’Inter Star présage un avenir radieux d’autant plus que nous avons rajeuni notre formation presqu’à 90% »

 

Dieudonné Ngowembona dirige l’un des meilleurs clubs burundais de football, à savoir Inter Star. Membre de l’Assemblée Générale de la FFB, il explique brièvement le fonctionnement de cet organe sujet à diverses contestations venant du public sportif. Notamment une gestion des fonds venant de la FIFA que beaucoup qualifient d’opaque, chose que Ngowembona nie pour les raisons qu’il donne dans cette interview. Il nous parle aussi des préparatifs de son équipe qui, ce samedi 29 janvier 2011, croise le fer avec Missile du Gabon à Libreville. Match aller comptant pour le tour préliminaire de la Coupe de la Confédération Africaine de Football (CAF).  Pour finir, notre invité revient sur les contre-performances de notre Equipe Nationale observées ces derniers jours. Et donne une explication à ce fisaco. Sans oublier les voies de sortie où il interpelle d’abord le Gouvernement qui, selon lui, devrait tracer la voie à suivre pour tous ceux qui aimeraient soutenir les Hirondelles du Burundi.

 

Monsieur Dieudonné Ngowembona, président d’Inter Star, bonjour. Comment jugez-vous, pour l’heure, le niveau du football burundais ?

Bonjour Monsieur Sota. Pour l’heure, le niveau de notre football connait des hauts et des bas aussi bien pour nos clubs que pour notre Equipe Nationale. Plusieurs facteurs sont à l’origine des contre-performances de nos équipes. Notamment, la crise politique de 1993 qui a fortement secoué notre pays pendant beaucoup d’années (plus de 10 ans !). De ce fait, il y a eu une désintégration totale dans plusieurs domaines de la vie nationale. Le football burundais n’a, malheureusement, pas été épargné par ce séisme aux dimensions incommensurables. Présentement, notre ballon rond est à son plus bas niveau. Mais, il n’est pas question de perdre espoir. Les acteurs ayant en charge le football doivent prendre le taureau par les cornes pour sortir du goulet d’étranglement dans lequel nous nous trouvons. C’est un devoir patriotique.

 

L’Assemblée Générale de la FFB dont vous faites partie est pointée du doigt comme étant attentiste, molle et passive face à la gestion opaque des fonds venant de la FIFA par Madame Lydia Nsekera. Qu’en dites-vous ?

Les qualificatifs avilissants portés à l’endroit de l’Assemblée Générale dont je suis membre peuvent être sujets à débat. Mais un débat pour construire et non pour détruire. C’est plus une question structurelle qu’autre chose. Cela veut dire qu’il faut étudier la chose en profondeur et voir les personnes qui composent la dite Assemblée. Quel rôle sont-elles amenées à jouer ? Elles doivent comprendre qu’elles sont là pour aider à faire avancer un organe qui leur appartient. Non à titre personnel, mais pour être la voix de tous ceux qui ont des propositions concrètes et idoines à faire. Ici, je fais allusion à toutes les personnes étant en dehors de l’Assemblée Générale, mais qui savent de par leur expérience comment tirer notre football vers le haut.

Concernant la gestion opaque des fonds venant de la FIFA par Madame Lydia Nsekera, je ne saurais porter un tel jugement sur elle sans preuves matérielles ! En plus, je pense que la FIFA aurait déjà pris des mesures qui s’imposent si des manquements de ce type étaient observés.

 

La structure organique de la dite Assemblée est sujette à contestations. Et pour cause, Madame Lydia Nsekera dirige elle-même cette Assemblée, et cumule cette fonction avec son poste de présidente de la FFB. Selon vous, cela ouvre-t-il la brèche à l’espace démocratique et la gestion saine voire transparente des subsides venant de la FIFA ?

Encore une fois, seule la FIFA est habilitée à dire si cette structure organique est biaisée ou non. Par voie de conséquence, c’est aussi la FIFA qui peut dire s’il y a non transparence dans la gestion des fonds. En ce qui concerne les membres de l’Assemblée Générale, ils ont, jusqu’ici, toujours été attentivement écoutés par les autorités de la Fédération. Pour que leurs préoccupations trouvent des réponses adéquates. Sachez aussi que ces autorités ne peuvent répondre à toutes nos attentes. Elles (ces autorités) sont limitées et ne peuvent résoudre tous les problèmes inhérents au football. D’autres acteurs doivent intervenir dont le Ministère des Sports, les privés et le public sportif en général.

 

Qui plus est, il n’y a pas un Trésorier Comptable en bonne et due forme pour rendre compte à l’Assemblée Générale quant à l’utilisation de ces fonds. En tant que membre de l’Assemblée Générale, pourquoi acceptez-vous pareille chose ?

Ecoutez, je ne pense pas que la gestion des subsides de la FIFA au sein de la FFB soit la mer à boire. Ce n’est pas comme la gestion du budget de l’Etat où l’on doit tenir compte de tous les paramètres que comptent les agrégats macroéconomiques. Lors de la récente Assemblée Générale où il a été question de traiter le bilan financier, il me semble qu’il a été bien présenté donnant accès à toute critique. J’ai même proposé aux dirigeants de la Fédération de soumettre les états financiers de la FFB aux commissaires aux comptes avant de les présenter à l’Assemblée Générale. J’espère que mon appel a été entendu et sera exécuté.

 

Venons-en alors au club que vous dirigez, à savoir Inter Star. De manière générale, quelle est aujourd’hui sa santé footballistique ?

La santé footballistique d’Inter Star présage un avenir radieux d’autant plus que nous avons rajeuni notre formation presqu’à 90%. Il règne au sein de notre club une discipline qui est le fruit d’une étroite collaboration entre les dirigeants, le comité et le staff technique. Sans oublier le soutien indéfectible de nos supporters. Leur pierre d’édifice nous est d’une très grande utilité.

 

Vous aviez, ces derniers temps, un problème d’entraîneur. Ce problème est-il résolu ? Si oui, l’actuel coach de votre équipe répond-il positivement à vos attentes ?

Effectivement, nous avons connu ces derniers temps un problème d’entraîneur. Pour venir à bout de ce handicap, un collège de jeunes entraîneurs a été mis sur pied. Deux parmi eux furent d’anciens joueurs d’Inter Star à l’époque où notre équipe imprimait positivement ses marques sur la scène footballistique internationale. Jusqu’ici, nous pouvons dire que nous sommes satisfaits de leur modeste contribution.

 

En coupe de la Confédération Africaine de Football (CAF) que vous disputez ce week-end, Inter Star croise le fer avec Missile du Gabon. Match Aller au Gabon et match retour à Bujumbura. A ceux qui disent que le tirage au sort a été clément pour Inter Star, que pouvez-vous leur dire ?

Pourquoi disent-ils que le tirage au sort a été clément ? Au football, un match n’est jamais gagné d’avance. Je leur renvoie l’ascenseur pour qu’ils aillent demander aux dirigeants de Missile du Gabon si le tirage au sort a été clément en faveur de leur équipe ? Ils m’en diront des nouvelles ! Pas de pronostics précoces ! Wait and see !

 

Que connaissez-vous de Missile du Gabon ?

Tout ce que nous savons de Missile du Gabon est que c’est une équipe qui était en deuxième division avant l’année passée. Elle a fait ses preuves jusqu’à occuper la deuxième place du championnat gabonais. Chapeau ! Vous comprenez alors qu’elle est sur une trajectoire ascendante. Pas de promenade de santé pour notre club. Pas du tout ! Les choses sont très sérieuses.

 

Comment ont été les préparatifs de votre formation en vue d’entamer sereinement cette compétition africaine ?

Comme tous les clubs burundais, le problème lié au manque de moyens nous fait cruellement défaut. Néanmoins, il a fallu suer sang et eau pour faire la mise au vert grâce à diverses personnes qui portent Inter Star dans leur cœur. Cela motive à fond nos joueurs et, personnellement, j’apprécie la façon dont ils se donnent corps et âme pour faire de bonnes performances. Même leur assiduité aux entraînements m’enchante beaucoup. Je ne saurais passer sous silence le geste louable fait à notre endroit par les dirigeants de la FFB. C’est une modeste contribution, mais ça nous a servi à quelque chose.

 

Inter Star a-t-il toujours des liens de partenariat avec l’entreprise de téléphonie mobile Africel Tempo ? Si oui, peut-on savoir en très peu de lignes la quintessence de ce partenariat ?

Oui, Inter Star noue toujours des liens de partenariat avec Africel Tempo. C’est un partenariat qui a pour but de faire connaître davantage aussi bien ici qu’à l’extérieur les deux parties. Pour une plus grande visibilité. Les responsables d’Africel Tempo et nous-mêmes comptons améliorer ce partenariat en lui donnant une orientation bien précise. Pour y arriver, nous attendons que la loi sur le sponsoring soit opérationnelle. Partant de là, les textes d’application y relatifs nous permettront d’y voir plus clair. Et ce sera au bénéfice de nous tous : Africel Tempo et Inter Star.

 

Pour finir, notre Equipe Nationale senior vient de connaître ces derniers jours une série de contre-performances. D’après vous, quelles en sont les raisons ?

Ecoutez Monsieur Sota. Notre Equipe Nationale senior est le reflet direct de nos clubs. Faut pas chercher de midi à quatorze heures. Le problème de moyens que connaissent les clubs se retrouve aussi dans l’Equipe Nationale. Cette dernière n’est pas traitée selon les exigences du football moderne. Une sélection nationale est coûteuse en termes de moyens. Tant que nous ne serons pas capables d’y mettre les moyens comme cela se fait ailleurs, les résultats escomptés seront toujours négatifs. Une bonne préparation va de pair avec les moyens. C’est cela le professionnalisme. Ici, on fait du bricolage ! Il faut ajouter à cela le mauvais choix des joueurs capables de nous représenter valablement. Idem aussi pour le choix de certains entraîneurs qui, franchement, ne méritent pas la place qu’ils ont dans nos Intamba Mu Rugamba. De ce côté, il faut absolument rectifier le tir.

 

Comment y remédier ?

Parer à ces contre-performances ne revient pas à chercher le sexe des anges. Il suffit tout simplement de mettre sur pied une commission technique inclusive dans laquelle se retrouveraient plusieurs intervenants en matière de football (arbitres nationaux, présidents des clubs, anciens joueurs, entraîneurs des équipes faisant leurs preuves dans le Championnat National, représentants du Ministère de tutelle et ceux de la FFB). L’Etat est prié de faire sien le problème de moyens dont souffre notre Equipe Nationale si nous voulons sortir de l’auberge. Les autres acteurs suivraient le pas tracé par le Gouvernement afin que nos Hirondelles deviennent compétitives sur la scène footballistique internationale. C’est tout à fait possible. Question de volonté et d’organisation.

 

Merci beaucoup Monsieur le Président.

C’est moi qui vous remercie Monsieur Sota.

 

 

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Patrick Sota

patricksota.unblog.fr

 

 

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