Interview avec Kanyankore Jean Gilbert alias Yaoundé

Posté par patricksota le 12 janvier 2011

Yaoundé 

 

 

 

 Interview avec Yaoundé

 

« Mes garçons ne viendront pas sur le terrain en victimes expiatoires ! »

 

Monsieur Kanyankore Jean Gilbert dit Yaoundé, sélectionneur de  Vital’O FC, n’est plus à  présenter. Habitué à nous répondre avec une affabilité sans pareille, il parle essentiellement des préparatifs de son équipe pour rencontrer bientôt Coton Sport de Garoua du Cameroun. Matchs aller et retour comptant pour le tour préliminaire de la Ligue Africaine des Champions 2011. Optimiste, il l’est. Mais les moyens mis à la disposition de son équipe sont insuffisants. Surtout que cette grande compétition continentale aligne des formations nanties et bien préparées. A l’image de Coton Sport qui est sponsorisée par une entreprise cotonnière de Garoua très connue. Vital’O FC n’est pas encore arrivé à ce stade. Mais ne s’affirme pas vaincu avant d’avoir joué. Malgré ce handicap lié au manque de moyens, le moral des joueurs et du staff technique est au beau fixe. C’est ce qu’affirme Yaoundé dans cette interview et demande l’appui indéfectible du public pour motiver à fond les joueurs.

 

Monsieur Kanyankore, bonjour. Pour votre première confrontation en Ligue des Champions 2011, Vital’O FC se dit-il prêt à faire une bonne entame dans la dite compétition ? 

J’ose espérer que les choses iront mieux cette fois-ci. La troisième occasion face aux camerounais sera probablement la bonne. Espérons ! Et surtout, inculquons à nos joueurs qu’ils peuvent faire mordre la poussière à cette équipe de Coton Sport en y croyant dur comme fer. Le côté psychologique est très important dans une telle compétition.

Ces derniers jours, votre équipe a montré à tout observateur avisé en matière de football des faiblesses à l’attaque. Avez-vous la même impression ?

Une bonne équipe de football ne doit pas avoir seulement de bons attaquants. C’est un jeu d’ensemble. Tous les compartiments doivent être efficaces pour faire de bonnes performances. Pour vous répondre directement, Vital’O a déjà inscrit dix buts en cinq matchs au cours du championnat. Et a encaissé trois, soit un goal average de +7. Est-ce vraiment alarmant ? Soulignons que nos nouveaux attaquants n’ont pas encore réussi à s’adapter comme il faut. Afin d’intérioriser le système collectif de notre équipe. Tout se passe dans la tête voyez-vous. C’est une question de temps et d’habitude. A un moment, le rouleau compresseur de Vital’O se remettra en marche et tout ira bien.

Si oui, que comptez-vous faire pour parer à ce problème ?

Je vous le ressasse : c’est dans la tête et dans la pratique en livrant des rencontres que notre attaque pourra faire de bonnes réalisations. Dans la tête parce qu’il faut que mes garçons comprennent bien mes schémas tactiques. Et dans la pratique pour créer des automatismes au cours du jeu.

Le problème de nos clubs réside dans leur manque de moyens. Présentement, Vital’O FC a-t-il les moyens de ses ambitions ?

Pour vous dire la vérité, nous n’avons pas encore les moyens de nos ambitions. C’est une évidence qui crève les yeux. En parents pauvres, nous nous esquintons pour essayer de subvenir aux besoins de nos joueurs. C’est très dur ! Et je sais que Vital’O n’est pas la seule équipe à connaître ces difficultés. C’est le lot quotidien de nos clubs. Vital’O projette son regard vers le ciel en attendant l’arrivée d’un messie pour le tirer d’embarras. Cela ne veut pas dire que nous dormons sur nos lauriers en espérant, au petit bonheur la chance, que quelqu’un viendra nous sauver sans efforts personnels. Nous remuons ciel et terre pour venir à bout de ces problèmes. Mais, jusqu’ici, les résultats ne sont pas encore fructueux. Il faut continuer à se battre sans relâche. Nous n’avons pas le choix. Pas d’autre alternative.

Auriez-vous déjà entrepris des démarches pour avoir des sponsors, et ce pour entamer positivement la Ligue des Champions ?

Bien évidemment ! Comment voulez-vous répondre adéquatement à une Ligue des Champions sans chercher des sponsors ? Nous l’avons fait et le faisons tous les jours. Jusqu’ici, seule la Fédération de Football du Burundi (FFB) via Madame la Présidente Lydia Nsekera nous a fait un geste salutaire. Nous lui en savons gré et louons cette heureuse initiative.

Où en est la fameuse loi sur le sponsoring d’après vos informations ?

Elle est encore dans les tiroirs dois-je croire ! Depuis qu’elle a été promulguée, pas de suite ! Il n’est pas superflu de rappeler que sa mise en application ne dépend pas des clubs. C’est une décision venant des instances supérieures. Nous attendons. Mais pas jusqu’aux calendes grecques Silvouplaît !

Pour l’heure, vous occupez la cinquième place du Championnat National avec deux rencontres non encore livrées. A ceux qui affirment que votre équipe est, cette saison, partie d’un mauvais pied ! Que pouvez-vous leur dire ?

A ceux qui le disent, je respecte leur point de vue. Mais vois les choses autrement. A la deuxième journée, nous étions au bas du classement. Présentement, à l’issue de la septième journée avec deux rencontres non encore livrées, nous occupons la cinquième place. Progression ascendante. Je garde confiance qu’à la dixième journée, Vital’O pourra déjà retrouver sa place de prédilection : la tête du classement. Je le dis avec tout le respect que je dois à nos adversaires. Car, eux aussi ont les mêmes ambitions. C’est tout à fait légitime.

Partant de cela, des inquiétudes pour croiser sereinement le fer avec Coton Sport de Garoua ne manquent pas ! Vital’O FC peut-il rasséréner ses nombreux fans qu’il ne perdra pas le nord face à cette formation championne du Cameroun ?

Ceux, qui, généralement, perdent le nord sont ceux-là mêmes qui ne croient pas en eux et exercent leurs métiers de manière escarpée. Jamais je ne m’engage dans une telle compétition avec un esprit défaitiste ! Jamais au grand jamais ! Et c’est ce que je vais apprendre à mes garçons avant l’entame de ce choc tant attendu. Nous respectons notre adversaire. Mais il n’est pas question de trembloter devant lui parce que c’est le Cameroun. Du reste, ce n’est pas la première fois que nous croisons le fer avec cette équipe. Une certitude : Coton Sport est beaucoup plus nanti que Vital’O. A ce titre, ce club répond mieux aux exigences du football moderne que le nôtre. A coup sûr ! Raison pour laquelle les pronostics sont en notre défaveur. Mais, nous jouerons d’arrache-pied pour faire honneur à notre pays. Mes joueurs en sont conscients. 

Par trois fois, Vital’O a été éliminé par des clubs camerounais. En 1984 face au Tonnerre de Yaoundé, en 2007 face à Coton Sport de Garoua (votre prochain adversaire) et en 2010 face à Tiko United. L’an 2011 marquera-t-il une rupture avec ces faits antérieurs et douloureux pour votre club ?

Attendons voir. Pas de triomphalisme précoce au football. Tout peut arriver. Cette rupture, ce n’est pas seulement Vital’O qui l’attend. C’est bel et bien tous les barudi. Aussi bien ceux d’ici que les burundais de la diaspora. Car, ça serait une grande première et un grand pas en avant dans l’Histoire de notre football. Je vous répète ceci : mes garçons ne viendront pas sur le terrain en victimes expiatoires ! Non, pas du tout ! Notre objectif est de passer ce premier tour en y mettant toutes nos énergies.

Que demandez-vous à tous les acteurs du football national pour soutenir nos deux représentants en coupes africaines à savoir Vital’O et Inter Star ?

Ce que nous demandons n’est pas sorcier : un appui matériel et financier pour augmenter nos chances de qualification. C’est l’honneur du Burundi qui est en jeu, ne l’oublions pas. Aussi, il faudrait que le public réponde massivement au Stade Prince Louis Rwagasore pour soutenir à bras-le-corps nos deux ambassadeurs. C’est très important. Ailleurs, les supporters crient, chantent et applaudissent du début à la fin. Mais, chez nous, ils se confinent dans une sieste prolongée et attendent que la balle aille au fond des filets pour commencer à bouger. C’est une fâcheuse manie qui porte un sérieux préjudice à nos équipes. Il faut, coûte que coûte, découdre avec cet esprit. Il va à l’encontre du sport.

Avez-vous prévu des rencontres amicales internationales pour préparer votre duel face à Coton Sport ? Si oui, lesquelles ?

Hélas non ! Et pour cause, nos moyens ne nous permettent pas de prendre en charge nos invités. Seule, une équipe nommée Uvira Sport de la RDC a livré un match amical contre Vital’O. Uvira par rapport à Bujumbura, c’est juste la porte à côté. Nos visiteurs sont venus jouer et sont repartis en bus juste après la rencontre. D’où, les charges sont fort peu onéreuses. Cette équipe d’Uvira n’a pas fait le poids devant Vital’O. Ce n’est donc pas pour nous un véritable match test. Mais que voulez-vous ? Contentons-nous de nos moyens. A l’impossible nul n’est tenu disent les français.

Merci Monsieur Kanyankore pour avoir bien voulu répondre à ces questions.

Tout le plaisir est pour moi Monsieur Sota. Je suis toujours disposé à vous répondre quand vous aurez besoin de moi. 

 

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Propos recueillis par Patrick Sota

 patricksota.unblog.fr 

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