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« Que l’année 2011 puisse incarner le renouveau du football burundais »

Posté par patricksota le 4 décembre 2010

Amis sportifs et burundais venant de tous les horizons,

 

            D’emblée et conformément aux valeurs traditionnelles ayant fait de notre pays une richesse culturelle, je commence par me présenter. La sagesse rundi me l’a appris depuis mon enfance.

        Je réponds au nom de Nzisabira Hussein alias Musbah, opérateur économique burundais. Ceci dit, certains ne savent pas l’origine du surnom Musbah et aimeraient des éclaircissements.

         Musbah est le nom de celui qui fut ambassadeur de la Lybie au Burundi sous la Troisième République. Très souvent, nous étions ensemble tellement nous émettions sur la même longueur d’onde. Une camaraderie sincère et très prononcée. Hélas, quand il y a eu un gel diplomatique entre la Lybie et notre pays, l’ambassadeur Musbah dut partir illico presto. Comme mes amis me voyaient très souvent avec lui, ils ne cessaient de me demander en swahili en ces termes : « Musbah yiko wapi ? » veut littéralement dire : « Où est Musbah ? ». A force de me poser cette question, le nom de Musbah a fini par m’échoir.

       Venons-en alors à l’essentiel de mon propos. Le football burundais me préoccupe autant que la plupart de mes compatriotes. Féru du ballon rond, je le suis véritablement. Et souffre de constater que nos clubs sortent des compétitions internationales dès les préliminaires depuis un bon nombre d’années. Il faut alors sauver notre football en le sortant du gouffre dans lequel il se trouve.

      De prime abord, je proposerais la mise en place des états généraux du football burundais. En politique, son équivalent est une conférence nationale souveraine. Je me permets d’établir ce lien même si comparaison n’est pas raison. Comprenons-nous, il ne s’agit pas de créer une structure pour bouter dehors l’actuelle équipe dirigeante de la FFB et occuper les fauteuils des sortants. Loin s’en faut et loin de moi cette idée ! Du reste, ces états généraux n’auraient pas ces prérogatives. Et ne les auront jamais .

       Par états généraux, j’entends un forum regroupant tous les anciens acteurs du football burundais : ex dirigeants des clubs, ex entraîneurs et ex joueurs. Sans oublier, bien entendu, les représentants actuels de la Fédération de Football du Burundi (FFB) et ceux du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture. Processus inclusif réunissant des personnes qui savent ce qu’il faut faire pour rehausser le niveau de notre ballon rond. Et ce, conformément aux exigences du football moderne. Car, gardons en tête que le football actuel ne se gère pas comme le football ancien. C’est une évidence qui crève les yeux. Echanger pour résoudre les problèmes du football national est une excellente initiative. Je rappelle que c’est du choc des idées que jaillit la lumière.

      Concrètement, ce forum proposerait la mise en branle du football burundais dans les quinze provinces qui font notre pays. En relançant les championnats interscolaires pour détecter les talents. Chaque province aurait sa propre sélection reflétant les meilleurs éléments. Donc, ces championnats interscolaires aligneraient des sélections provinciales. Voilà qui pourrait inciter les gens à revenir massivement dans les stades. De nos jours, les amateurs du football désertent les stades et n’ont pas d’engouement ! Aussi, cette méthode permettrait d’identifier d’autres éléments capables de servir nos équipes nationales en dehors de Bujumbura Mairie. Car, les talents burundais ne se trouvent pas uniquement au cœur de la capitale. A l’intérieur du pays (y compris Bujumbura Rural), c’en est plein ! Mais il faut savoir les identifier.

     J’ai le regret de vous informer qu’aujourd’hui, dix associations provinciales sont au point mort. Celles-ci proviennent de Kirundo, Bujumbura Rural, Kayanza, Ngozi, Karuzi, Ruyigi, Bubanza, Cibitoke, Nyanza-Lac et Muyinga. Les mandats de ceux qui président ces associations ont expiré il y a belle lurette. Des présidents illégitimes. Pourquoi continuent-ils à exercer leurs fonctions comme si de rien n’était ? Pourquoi ne pas doter ces associations de nouveaux dirigeants choisis démocratiquement ? Il est grand temps de relancer le football dans ces contrées pour épanouir la jeunesse talentueuse s’y trouvant. Cette dernière souffre, il faut la sauver !

    A l’Association de Football du Burundi (AFB), les problèmes sont nombreux. La troisième division compte 33 clubs. La quatrième en compte 30. C’est trop pour des clubs très peu nantis comme les nôtres. Il devient difficile d’organiser un bon championnat  dans de telles conditions. Diminuons la quantité et privilégions la qualité. Certains arbitres sont scandaleusement corrompus et des arrangements s’opèrent pour laisser passer telle ou telle autre équipe. Encore une fois, voilà qui compromet sérieusement l’avenir de notre football. Puisqu’il y a des problèmes à la base. De grâce, ce forum viendrait proposer des voies de sortie pour mettre un terme au désordre prévalant à l’AFB.

   Sur le plan financier, je demanderais à la FFB plus de transparence dans la gestion des fonds et les rapports financiers y relatifs. Que ces rapports soient ouverts et accessibles à tous les membres de l’Assemblée Générale. Seules, deux personnes ont droit d’apposer leurs signatures sur les documents en rapport avec les fonds, à savoir la présidente de la FFB et le premier vice-président. Je proposerais que soit nommé un Trésorier Comptable compétent, professionnel et honnête qui signerait sur ces documents au même titre que ces deux personnages susmentionnés. Trésorier nommé par l’Assemblée Générale pour que la présidente de la FFB n’ait pas de main mise sur lui. En l’absence des deux présidents, ce Trésorier aurait le droit de signer sur ces documents financiers. Présence indispensable aussi des Commissaires aux Comptes. Ces derniers doivent être désignés par cette Assemblée Générale. Pour qu’ils portent à la connaissance de la dite Assemblée le montant des fonds alloués à la FFB et son utilisation. De grâce, la conscience des membres de l’Assemblée Générale est interpellée pour mettre un terme au flou prévalant dans la gestion des subsides de la FIFA. Il faut absolument rectifier le tir si nous voulons que les choses changent positivement.

     Récemment, j’ai appris que la FIFA aurait augmenté le montant généralement dévolu aux fédérations ayant besoin d’une assistance financière. Le Burundi en fait partie. Ainsi, les deux cent cinquante mille dollars américains (250.000 US $) octroyés chaque année depuis un certain nombre d’années auraient été multipliés par deux. Passage du simple au double. Ainsi, la FFB bénéficierait désormais d’un montant de cinq cent mille dollars américains (500.000 US $) par an dans le cadre du Programme d’Assistance Financière (PAF-FAP). Somme considérable qui mérite une gestion efficace et conforme aux règles classiques de comptabilité. Plus question de travailler dans le brouillard et les membres de l’Assemblée Générale ont un grand rôle à jouer ! Qu’ils se soucient d’abord des intérêts de notre jeunesse footballistique. Son talent est étouffé dans l’œuf par tous ces problèmes de corruption et des fonds utilisés à mauvais escient !

     Que la FFB mette en place un logiciel informatique pour un enregistrement des joueurs fait selon les normes du football moderne. Cela faciliterait les transferts et permettrait aussi de contrôler rigoureusement les mouvements de ces joueurs. D’ailleurs, la FIFA le recommande formellement.

    Au cours de ce forum et parmi les commissions techniques qui seraient créées, un groupe chargé d’étudier le problème du sponsoring serait mis sur pied. Une campagne à travers tout le pays serait menée par des gens qui savent négocier. Et qui peuvent facilement accéder aux entreprises et sociétés commerciales pour entamer des pourparlers fructueux. Cette commission serait subdivisée en deux parties. Une partie se chargerait de contacter les dites sociétés pour alléger les charges financières des clubs. Et une autre partie contacterait les dites entreprises pour répondre aux besoins de nos trois équipes nationales (cadet, junior et senior).

    En plus de l’actuel Championnat National Primus Ligue, un trophée baptisé « Coupe du Président Pierre Nkurunziza » serait mis en jeu. Les régimes antérieurs ont emprunté cette formule. Sous Bagaza, on parlait de la « Coupe de la Révolution ». Sous Buyoya premier, on parlait de la « Coupe de l’Unité Nationale », etc. Ces tournois créaient une espèce d’émulation entre clubs, surtout que ces Chefs d’Etat se sentaient automatiquement concernés et intéressés par le football national. Voilà, entre autres, un excellent moyen d’allécher notre cher Président de la République qui, du reste, aime et pratique le football. Son idée de créer des écoles de football tombe bien à propos. Et parmi les recommandations qui sortiraient de ce forum, les écoles de football se multiplieraient dans tout le pays moyennant, bien évidemment, des sponsors. Ceci pour former plus tard des joueurs d’élite capables de disputer les rencontres internationales de haute gamme. Gouverner c’est prévoir.

   Pour finir, je plaide pour la levée des sanctions prises par la FFB à l’endroit du Docteur Alphonse Rugambarara, Juma Mossi et autres. Ces gens-là ont, par le passé, contribué à faire parler du Burundi à l’extérieur comme étant un pays regorgeant de talents. A cette époque, notre pays battait à plate couture les géants du football africain. Vital’O FC et Inter FC étaient les bêtes noires des clubs bien réputés sur le continent. Le Burundi avait pu accéder à la phase finale de la Coupe du Monde junior tenue au Qatar en 1995. Coup de maître ! Oublier le travail accompli par ces acteurs durant cette période relèverait d’une énorme ingratitude ! Du reste, la campagne électorale à la FFB est terminée. Fini aussi le branle-bas des élections ! Nous voulons tous nous lancer dans le travail d’exécution. Non pour mettre les bâtons dans les roues les dirigeants de la FFB. Mais pour leur apporter notre pierre d’édifice dans la relève du football burundais. Un dicton kirundi dit ceci : « Intibagira ntibana » signifie que celui qui use de la rancune ne cohabite pas harmonieusement avec les gens. Faisons abstraction des mésententes passées pour un futur prometteur et prospère. Surtout que ces chicanes prennent en otage notre jeunesse footballistique. Ces divisions entre acteurs du football nous enfoncent tous dans le creux de la vague ! Que l’année 2011 puisse incarner le renouveau du football burundais. Une seule chose pour réussir ce pari : la volonté de tout un chacun !

 

Nzisabira Hussein alias Musbah  

Une Réponse à “« Que l’année 2011 puisse incarner le renouveau du football burundais »”

  1. places to buy dresses dit :

    It’s onerous to find educated individuals on this subject, but you sound like you understand what you’re speaking about! Thanks

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